ANNIVERSAIRE

L'Étape, depuis dix ans au service des galériens de la vie

lundi 13 avril 2009 La Voix du Nord

Isabelle Vanspeybrouck & ma...coqueluche !
Isabelle Vanspeybrouck & ma...coqueluche !

La coordonnatrice avait invité un sosie de Coluche

pour animer la fête d'anniversaire de l'Étape, samedi.

Le quotidien du public de l'Étape n'est pas souvent rose.

Il a donc dû apprécier particulièrement la surprise que lui avait réservé, samedi, l'équipe de ce maillon essentiel du service santé de la Ville.


PAR VIRGINIE BOULET

roubaix@lavoixdunord.fr


 D'autant qu'elle mettait en scène un personnage cher au coeur de ceux qui galèrent, mais aussi de ceux qui les aident. En l'occurence Coluche. Le sosie qui a animé la fête des dix ans avait la même gouaille que le père des Restos ! Lequel se serait certainement senti en phase avec l'esprit de ce « sas de pause et de reconstruction  », voulu par la municipalité et qui a vu le jour en août 1998. Petit retour en arrière.

En 1997, le choix de combler un manque.- L'Étape est née d'une délibération du conseil municipal du 25 septembre 1997.

L'idée était de complèter le dispositif sanitaire et social de la ville en créant un espace d'accueil et d'orientation pour les personnes les plus fragilisées. Avec un objectif : aller avec eux vers « un état complet de bien-être physique, mental et social ». Le Dr Titran, thérapeute qu'on ne présente plus, a été l'initiateur de la création de la structure. Le Dr Prévost, qui fut adjoint à la santé, l'a soutenue et a apporté son aide.

> Des missions recentrées depuis deux ans.- Mini-vestiaire, espace coiffure, organisation de transports pour les familles de détenus... L'Étape s'engage ensuite davantage en direction de la santé, en lien avec la Maison de santé. Mais problème : la santé n'est pas une compétence directe de la municipalité, ce qui fait peser des menaces sur les finances de la structure. Il faut recentrer ses missions. On s'y emploiera début 2007.

L'Étape se voit ainsi attribuer un rôle d'accueil, d'écoute, d'orientation et de médiation ; de rapprochement des personnes avec les réseaux sanitaires et sociaux ; d'accès aux droits et aux soins.

> Se doucher, laver son linge, parler alcool...- Les locaux du 121, rue Jules-Guesde offrent un espace confort.

On peut y faire sa toilette, laver et sécher son linge, prendre une collation et bénéficier d'un coiffeur. Tout cela dans des créneaux horaires précis, pour donner des règles et des repères, mais qui peuvent être assouplis pour des situations complexes ou d'urgence. L'Étape, c'est aussi une cellule d'aide psychologique et le groupe Horizon, pour les usagers dépendants à l'alcool ou étant confrontés à ce problème.

Une « maîtresse de maison », des agents de convivialité, un travailleur social, une psychologue, encadrée par une coordonnatrice... Au total, l'équipe de l'étape est composée de sept équivalents temps plein (ETP).

> Toute l'année, parce que la galère ne fait pas de pause.- L'étape fonctionne toute l'année, sans interruption, sur une amplitude horaire de 40 h/semaine, du mardi matin au samedi midi. Si la galère ne connaît pas de pause, il n'existe pas de pics de passages (près de 6 000 en 2008, représentant 337 personnes différentes), même si on constate une petite hausse en mars, liée à la reprise des expulsions locatives.

> 30 % de sorties positives

du dispositif.- Un chiffre en baisse par rapport à 2007. Mais la situation générale n'est pas au beau fixe, et cela se répercute de plein fouet sur les populations les plus fragilisées.

> Des gages pour l'avenir.- Karim Amrouni, adjoint à la santé, s'est fait le porte-parole de René Vandierendonck. « Il m'a assuré qu'il ne vous oublierait jamais ». Par les temps qui courent, ça fait du bien de se l'entendre dire. •


ma...coqueluche !
ma...coqueluche !

337

C'est le nombre de personnes fragilisées qui sont passées dans les locaux de l'Etape en 2008


Épatante, l'Étape...

mercredi 15 avril 2009

Isabelle Vanspeybrouck
Isabelle Vanspeybrouck

 

 

 

 

Avec la présence d'un sosie de Coluche, ce 10eanniversaire de l'Étape ne pouvait être protocolaire. Isabelle Vanspeybrouck en rit encore. :

 

 

Depuis dix ans, rue Jules-Guesde, sans faire de bruit, cette antenne d'accueil, d'écoute, d'orientation et de médiation constitue le chaînon entre l'action sociale et la prévention sanitaire.

La convivialité mais aussi la solidarité. Tels sont les maîtres mots de l'antenne d'accueil, d'écoute, d'orientation et médiation qui s'est installée il y a tout juste dix ans dans le quartier Potennerie. Les difficultés sociales se conjuguent souvent avec un désarroi personnel. Pour remédier aux premières et prévenir le second, l'Étape propose un espace confort (où on peut prendre une douche, se faire couper les cheveux, nettoyer son linge, être orienté vers une structure adéquate), des permanences de soutien psychologique, un groupe horizon (pour lutter contre la dépendance à l'alcool), des permanences sociales et santé pour les personnes malentendantes. Chaque mois, ce sont quelque 500 personnes qui poussent ainsi la porte du 121 rue Jules-Guesde.
                                              « Misère, misère... »

 

Il y avait du monde samedi dans les locaux de l'Étape autour de Fanny Bullaert, adjointe des quartiers sud, Marie-Geneviève Lecluse, adjointe à l'action sociale, Karim Amrouni, adjoint à la santé et Mme Prévost, la veuve du Dr Daniel Prévost, adjoint qui contribua largement au développement de l'Étape qu'avait créée son prédécesseur, le Dr Titran.

Isabelle Vanspeybrouck, responsable de la structure, a éprouvé quelques difficultés à garder son sérieux. Il faut dire qu'il y avait, à l'Étape, Daniel qui ressemble à s'y tromper à Coluche et qui tenait à pousser la chansonnette et à interpréter Misère, misère.
On en aurait presque oublié qu'à l'Étape, ce n'est pas drôle tous les jours. Que cette structure originale intervient sur un champ trop longtemps laissé en friche situé en aval de l'action sociale et en amont de l'action sanitaire. Un champ où, pourtant, les besoins sont immenses.
Fort heureusement, grâce à divers partenariats avec le home des Flandres, avec le centre hospitalier, avec l'association Sourdmédia, l'Étape est parvenue à combler ce vide institutionnel. Et à initier diverses actions de prévention notamment en matière de vaccination et de bilans de santé.
Pour Isabelle Vanspeybrouck, le fait de célébrer le dixième anniversaire de l'Étape la veille d'un Paris-Roubaix, course qui ne comporte pas d'étape, constitue tout un symbole.
Karim Amrouni a regretté pour sa part qu'il n'y ait pas de représentant de l'État pour souffler les dix bougies de l'Étape en estimant que pour l'actuel gouvernement, la solidarité n'est pas une priorité. Et le représentant de saluer dans l'Étape « un organisme précurseur dont l'engagement n'a jamais été autant d'actualité ». 

 

Les rédactions de Nord Eclair